Dans quelques jours, nous fêterons un bien triste anniversaire. Les 20 ans du passage de l’ouragan Hugo sur la Guadeloupe.

Le samedi 9 septembre 1989, au large de l’Afrique, un énorme orage commence à tourbillonner. Le lendemain, ce système orageux devient une dépression tropicale non loin des Îles du Cap-Vert. Le 11 septembre, au dessus des eaux chaudes de l’Atlantique, celle-ci se renforce et se évolue en une tempête tropicale. Le mercredi 13 septembre, la tempête devient l’Ouragan Hugo.
Dans la nuit de samedi 16 au dimanche 17 septembre, la Guadeloupe va connaître l’Enfer. L’ouragan Hugo passe sur l’île d’Est en Ouest, plus précisément à 01h00, heure locale. Les vents moyens sont alors de 200 km/h avec des rafales qui atteignent les 300 km/h.
Hugo a fini sa course folle, non loin du Groenland le 25 septembre après être passé par les îles de Guadeloupe, Montserrat, Porto Rico, Sainte-Croix (Îles Vierges américaines) et par les États américains de la Caroline du Sud et la Caroline du Nord. L’ouragan Hugo a tué plus de 100 personnes et a fait 56 000 sans abris. En Guadeloupe, Hugo a fait 107 blessés et 7 à 11 morts. Au large de La Désirade, 9 autres personnes ont trouvé la mort dans l’écrasement d’un hélicoptère de secours.
Le 16 septembre 1989, j’avais alors 9 ans et je garde un souvenir encore vif du passage d’Hugo. C’était quelques jours après la rentrée des classes. Je ne me souviens pas de ce qui s’est passé avant l’évènement. Car oui, c’était un évènement. A cet âge là, on n’arrive pas précisément à imaginer ce qui va se passer. Dans tous les cas, on sait que cela va être exceptionnel et je me sentais réellement très excité, attendant patiemment l’arrivée d’Hugo !
J’habitais alors au 9ème étage d’un immeuble qui en compte 15, la Tour Frébault à Pointe-à-Pitre. Les seuls précautions qu’on a pris c’est de mettre du gros scotch marron sur les vitres, baies vitrées, les volets… Peu après le coucher du soleil, les vents ont commencé à s’abattre sur la ville. Je ne me rappelle plus exactement quand l’électricité a été coupée. On était donc plongé dans le noir et éclairé par les bougies et impossible de voir ce qui se passait dehors. Les soubresauts de la flamme des bougies contribuaient à donner à l’instant une touche dramatique.
Impossible de dormir. Le bruit du vent à l’extérieur, dans Pointe-à-Pitre était assourdissant. Le vent qui se faufilait par les volets également. Et plus les minutes s’écoulaient, plus la violence du phénomène s’accentuait.
Toute la famille s’est réunit dans le salon. Je me rappelle qu’on avait mis un matelas au sol dans le salon car personne ne voulait rester seul dans les chambres. On discutait à la lueur des bougies. On ne pouvait s’endormir en ratant pareil évènement. On avait un peu peur. On n’avait jamais connu pareil déchainement des éléments.
Vers minuit, l’Ouragan déploie complètement sa furie. Sur le balcon, un objet apparemment de petite taille et emporté par les vents tape dans les murs. Là, on a vraiment peur car s’il venait à frapper contre la baie vitrée, elle risque d’exploser et nous serions livré aux éléments ! Plus de peur que de mal car quelques secondes plus tard, l’objet a semble t-il été emporté. Ouf !
Un autre phénomène va rendre l’instant très effrayant…

J’habitais donc le 9ème étage d’un immeuble en comptant 15. Il nous semblait que la terre tremblait. Impossible ! Un séisme en même temps qu’un ouragan ? Le hasard fait mal les choses ! En regardant un ventilateur à pied et éteins, on remarque qu’il tangue tel un bateau et tout seul, sans que personne ne le touche. En fait, l’immeuble était en train de tanguer sous la force du vent, et nous avec ! Il n’y avait donc pas de séisme mais c’était bel et bien l’Ouragan qui était à l’origine de ce phénomène.
Vers 1h du matin, en quelques minutes, le vent s’est calmé. Le bruit alentour s’ait tu. Plus rien. L’ouragan Hugo a été happé par une force supérieure ? C’était l’oeil du cyclone. Il est en train de passer sur la Guadeloupe ! Le seul oeil de cyclone que j’ai vécu à ce jour.
Mon père a ouvert la baie vitrée et est sorti sur le balcon. Je me souviens être sorti également, les jambes tremblantes car pas rassuré. On ne voyait strictement rien depuis notre 9ème étage. La nuit était noire. Obscure. Mais je devinais que la ville à nos pieds avait subi d’énormes dégâts.
Le calme a duré quoi ? 20, 30 minutes ? Sitôt le vent revenu, on a refermé la baie vitrée. Après le passage de l’oeil de l’ouragan, cela nous a semblé plus violent. Comme la première fois n’a pas suffit, le second chapitre sera pire ! Vous voyez le mouvement que fait votre machine à laver le linge ? Mettez dedans une île, c’est à peu près ça…
Malgré le bruit toujours assourdissant, exténué, je me suis endormi.
Dès les premières lueurs du jour, je me suis réveillé rapidement pour voir ce qui s’est passé cette nuit. De la fenêtre de ma chambre, le spectacle de désolation était renversant. J’ai couru jusqu’au balcon pour mieux voir. Des arbres couchés, des feuilles et du branchage partout, des voitures les roues vers le ciel, renversées par la force du vent, des magasins de Pointe-à-Pitre éventrés et des pilleurs qui en profitent.
Quelques jours plus tard, on a fait le tour de la Grande-Terre pour voir les dégâts, le spectacle de désolation d’une île détruite mais aussi pour distribuer des vêtements à ceux qui ont en besoin.
Le groupe Expérience 7 a fait une chanson sur le passage de l’ouragan Hugo sur la Guadeloupe : « Sois belle ».
Source : Ouragan Hugo sur Wikipedia
Tags :ouragan Hugo


3 blabla
le Mardi 8 septembre 2009 à 03h53
Touchant.
J’ai vécu Hugo à Gosier.
On croise les doigts pour cette saison.
Merci pour ce récit.
Nathalie
le Mardi 8 septembre 2009 à 10h17
Merci Desirade, au plaisir,
le Mardi 29 décembre 2009 à 20h15
Moi aussi j’étais à pointe-à-pitre mais au 11 ème étage de la tour gabarre II avant de s’abriter dans le sous sol de la maison d’une amie de ma tante et le voyage pour s’y rendre en voiture s’est déroulé comme dans un film, alors que le vent s’était déjà soulevé, la voiture avait du mal à garder le cap et ma tante hurlait de peur en répétant qu’il était trop tard et qu’on allait mourir mais heureusement on est arrivé à destination. Pareil, on était une dizaine, on est resté éveillé aux lueurs des bougies.
En rentrant à la tour, toutes les vitres étaient brisées et il y avait plus de 10 cm d’eau au sol!
J’en profite pour faire un gros Big Up au moune de lauricis zoo, et RIP aux tours gabarre qui vont être détruites (pour tous ces souvenirs)!!!
inscrivez-vous sur www.gravatar.com.
Laisser un blabla